Élever le niveau scolaire : un plan d'action pour rattraper le retard | communiqué de presse
Depuis plusieurs années, le niveau
scolaire des élèves français ne cesse de baisser dans les classements
internationaux, particulièrement en mathématiques. La France se caractérise
également par de fortes inégalités sociales et territoriales. Cette situation
n’est pourtant pas une fatalité comme le prouvent plusieurs pays qui sont
parvenus, en une dizaine d’années, à redresser le niveau, avec des gains
équivalant parfois à une année d’apprentissage, voire davantage, en fin de
scolarité.
À la lumière de ces expériences, Clio
Dinthilac, Guillaume Houzel et Xavier Jaravel proposent, dans cette
nouvelle Note du CAE, un plan de réformes à dix ans pour améliorer les
compétences des élèves en France tout en réduisant les inégalités. Il s’appuie
sur des mesures dont l’efficacité est étayée par la recherche scientifique et
les comparaisons internationales, et qui ont recueilli l'assentiment des
enseignants sondés. En outre, elles peuvent être financées grâce aux marges de
manœuvre dégagées par la baisse attendue du nombre d’élèves dans les prochaines
années, liée au recul de la natalité.
Les enseignements des comparaisons
internationales
Des
expériences nationales menées dans des pays de l’OCDE montrent qu’il est
possible, en une dizaine d’années, d’améliorer les performances éducatives et d’atteindre
une hausse du niveau correspondant à plus d’une année d’apprentissage. La
France gagnerait à s’inspirer des réformes qui ont fait leurs preuves.
Les
systèmes éducatifs ayant progressé dans les évaluations internationales
combinent des objectifs d’apprentissage précis, des ressources et des pratiques
pédagogiques structurées, une formation et un accompagnement renforcés des
enseignants, un suivi régulier des acquis et un soutien ciblé aux élèves en
difficulté. Le système français présente un déficit sur plusieurs de ces
dispositifs, les réformes ont manqué de continuité dans le temps et de financements
pérennes.
Recommandations 1 & 2. Fixer un
objectif national chiffré d'amélioration des résultats du système éducatif
français et de réduction des inégalités éducatives à l’horizon de dix ans.
Viser une progression de plus d’une année scolaire à la fin du collège (+ 0,6
écart-type), diviser par deux la part d'élèves sous le seuil minimal de
compétences, ramener les inégalités éducatives liées au niveau
socio-professionnel des parents à la moyenne de l’OCDE.
Chiffrer les coûts
budgétaires et les effets sur les résultats scolaires
La Note montre qu’un ensemble de mesures prioritaires,
déterminées par les comparaisons internationales et la littérature empirique,
permettrait d’atteindre les objectifs de hausse du niveau et de baisse des
inégalités, et nécessiterait des financements de l’ordre de 4 milliards
d’euros, ce qui est inférieur aux marges budgétaires dégagées par la baisse
attendue du nombre d’élèves.
Recommandation 3. Mobiliser
environ 4 milliards d’euros par an pour financer des mesures dont l’efficacité
a été démontrée par la recherche et les comparaisons internationales :
formation continue intensive et accompagnement pédagogique des enseignants,
amélioration des ressources pédagogiques, tutorat pour les élèves en difficulté,
réduction de la taille des classes, usage des évaluations des élèves pour mieux
cibler certains moyens.
Conduire le changement
Des
transformations de terrain, à l’échelle de l'établissement, sont nécessaires
pour atteindre les objectifs de niveaux et d’équité fixés.
Recommandations
4, 5, 6 & 7. Adopter une loi de
programmation décennale fixant les objectifs de progrès du niveau scolaire
moyen et de réduction des inégalités, leurs indicateurs de suivi, les modalités
de leur évaluation indépendante et le financement pluriannuel des mesures
prioritaires.
Renforcer le soutien à la recherche et aux évaluations en éducation, et leurs
exploitations. Lancer des appels à
manifestation d’intérêt pour financer des expérimentations et des évaluations
indépendantes de dispositifs éducatifs. Renforcer la formation continue des
enseignants à 80 heures annuelles en la complétant par un accompagnement de
terrain assuré par les conseillers pédagogiques et les pairs.
Recommandation
8 : Faire de l’établissement l’unité centrale de mise en œuvre
de la stratégie éducative, en renforçant les capacités d’action des chefs
d’établissement. Structurer autour d’eux une équipe d’animation pédagogique
chargée d’organiser le travail collectif, d’exploiter les évaluations et
d’adapter les priorités nationales aux besoins des élèves. Faire évoluer les
missions de l’inspection en donnant la priorité à l’accompagnement des équipes
pédagogiques dans les établissements.




