Éducation : un plan d'action pour rattraper le retard français
Le système éducatif français se caractérise par une baisse préoccupante du niveau des élèves, particulièrement marquée en mathématiques, depuis les années 1990 et par de fortes inégalités sociales et territoriales. Au-delà de ses conséquences individuelles et sociales, cette baisse des acquis scolaires pèse durablement sur la productivité, la capacité d’innovation et le potentiel de croissance.
Les comparaisons internationales offrent un éclairage sur la possibilité de redresser les résultats éducatifs. Confrontés à des difficultés similaires, plusieurs pays sont par venus, en une dizaine d’années, à rehausser le niveau scolaire jusqu’à gagner l’équivalent d’une année d’apprentissage en fin de scolarité, tout en réduisant fortement la part des élèves sous le seuil minimal de compétences.
L’examen comparé des politiques suivies fait ressortir un ensemble de leviers convergents : formation continue intensive et accompagnement des enseignants, amélioration des approches pédagogiques, tutorat pour les élèves en difficulté, usage des évaluations des élèves pour mieux cibler certains moyens, et objectifs d’apprentissage pré cis par niveau et matière. Alors que le système français tarde à les mettre en œuvre, la littérature en économie de l’éducation permet de quantifier les effets potentiels de ces leviers et d’identifier des mesures complémentaires, comme la baisse de la taille des classes au primaire.
Cette Note montre qu’un ensemble de mesures prioritaires, inspirées par les comparaisons internationales et adaptées au contexte français, permettrait d’atteindre des objectifs ambitieux (hausse du niveau moyen et réduction des inégalités) à l’horizon de dix ans, pour un coût de 4 milliards d’euros par an. Ce montant est inférieur aux économies liées à la réduction du nombre d’élèves au cours des dix prochaines années, du fait de la baisse de la natalité. Nous recommandons ainsi d’utiliser ce « dividende démographique » pour financer un ensemble de mesures dont l’efficacité a été démontrée par la recherche et les pratiques internationales.
L’atteinte de ces objectifs de performance et d’équité nécessite une stratégie de transformation crédible pour les acteurs de terrain. Cette crédibilité est aujourd’hui difficile à construire, dans un contexte marqué par la défiance à l’égard des réformes et par le découragement d’une partie de la communauté éducative. La Note propose plusieurs pistes pour une transformation concrète du système scolaire : en passant à une logique de long terme via une loi de programmation décennale qui fixe un cap national avec des objectifs chiffrés et garantisse des financements aux réformes ; en développant des liens entre les pratiques de classe, la recherche et les évaluations ; et en renforçant le rôle des établissements dans la mise en œuvre des mesures. Un sondage mené auprès de 800 enseignants montre un niveau d’adhésion élevé à ces réformes.






