Marché du travail : une stratégie ciblée pour le plein emploi
Ce Focus vient compléter la Note du CAE «Une stratégie économique de ruptures pour la France», en analysant le marché du travail français.
Le plein emploi constitue, depuis 2017, un objectif central de la stratégie économique française. Cet objectif répond à un triple enjeu : un enjeu de croissance, car un taux d’emploi plus élevé soutient le PIB par habitant ; un enjeu social, car le chômage, le sous-emploi et les trajectoires d’emploi instables expliquent une grande partie des situations de pauvreté ; enfin, un enjeu budgétaire, car le relèvement durable du taux d’emploi améliore le financement des dépenses publiques et du modèle social. Les progrès observés depuis 2017 n’ont toutefois pas suffi à pleinement atteindre ces objectifs. La France reste caractérisée par un déficit d’emploi par rapport aux pays comparables, et ce déficit est concentré sur des groupes bien identifiés à savoir les jeunes, les seniors, les moins qualifiés, et sous des formes spécifiques les femmes.
L’objet de ce Focus est donc double. En premier lieu, il s’agit de tirer un bilan analytique des réformes récentes. Nous identifions ensuite les marges de progression pertinentes vers le plein emploi afin de formuler des recommandations pour l’atteindre.
Nous articulons nos recommandations autour de quatre axes prioritaires. Le premier vise à améliorer l’insertion des jeunes, en renforçant les liens entre formation, orientation et emploi, en rééquilibrant l’apprentissage vers les moins qualifiés, et en développant les dispositifs d’accompagnement intensif pour les jeunes les plus éloignés du marché du travail. Le deuxième consiste à faire de l’emploi des seniors, en particulier des 60-64 ans, un objectif central en renforçant l’accompagnement des demandeurs d’emploi de plus de 55 ans, en adaptant les incitations de l’assurance chômage et en étendant le bonus-malus sur les cotisations employeurs pour décourager les licenciements de seniors. Le troisième vise à mieux articuler politiques familiales, éducatives et d’emploi afin de réduire les écarts persistants entre femmes et hommes sur le marché du travail. Il s’agit notamment de lutter contre les orientations genrées, la « pénalité parentale » et les freins aux évolutions de carrières féminines. Enfin, le quatrième propose de faire de l’immigration qualifiée un levier à part entière de la politique de l’emploi, en rendant le système plus lisible et plus favorable à la rétention des talents formés en France.




